Voiture électrique : une option vraiment rentable aujourd’hui ?

Un chiffre vaut parfois mieux qu’un long discours : en 2016, près de 19 000 Français ont sauté le pas de la voiture électrique. Depuis, la tendance ne faiblit pas. Entre prise de conscience écologique, envie d’économiser sur l’essence, ou simple attrait pour une voiture stylée, les raisons de passer à l’électrique ne manquent pas. Le marché a bondi de 80% en deux ans, preuve d’un véritable engouement national. Mais avant de foncer tête baissée, mieux vaut comprendre ce qui change vraiment, notamment côté alimentation électrique, pour rouler sereinement. Puisqu’un Français renouvelle sa voiture en moyenne tous les 5 ans, il y a de fortes chances pour que vous soyez concerné plus tôt qu’il n’y paraît. Voici donc les 7 points à examiner avant de franchir le cap.

Voiture électrique ou hybride ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, petit tour d’horizon des différentes technologies électriques qui occupent aujourd’hui le marché automobile. Deux options dominent nettement : l’hybride et l’électrique.

  • La voiture hybride repose sur un double système : un moteur thermique (essence ou diesel) couplé à une batterie électrique. Celle-ci ne se recharge pas via le réseau, mais récupère l’énergie produite lors des phases de freinage et de décélération, utilisée ensuite lors des démarrages et à faible vitesse. Dès que la cadence augmente, le moteur à carburant reprend la main. Au quotidien, elle se comporte donc comme une voiture classique, mais en consommant moins.
  • La voiture 100% électrique va plus loin : aucun réservoir de carburant, aucun moteur à combustion. Ici, tout est électrique, avec une batterie rechargeable à la maison, sur une borne publique ou via un réseau dédié. L’autonomie dépasse aujourd’hui largement les 200 kilomètres pour certains modèles.

À gauche, la voiture électrique se recharge sur secteur ; à droite, l’hybride demande encore un passage à la pompe.

Mais ces deux configurations ne sont pas seules en lice. L’offre s’élargit avec les voitures à hydrogène (qui stockent l’hydrogène pour produire de l’électricité et ne rejettent que de l’eau), les électriques à prolongateur d’autonomie thermique (un petit moteur à carburant sert uniquement à recharger la batterie) ou encore l’hybride rechargeable (la batterie se branche comme sur une électrique classique, contrairement à l’hybride « simple »).

En clair, plusieurs alternatives émergent face au moteur thermique traditionnel. Si l’électrique et l’hybride dominent pour l’instant, la recherche avance et la palette de solutions ne fait que s’élargir.

Pour suivre sa consommation électrique et mieux gérer son budget, il existe désormais des outils gratuits pour ceux équipés d’un compteur communicant. De quoi personnaliser ses usages et éviter les mauvaises surprises.

#1 : Les voitures électriques sont-elles répandues ?

Pas de panique : la voiture électrique n’est plus une curiosité réservée à quelques pionniers. Le réseau d’utilisateurs s’étoffe vite, et les infrastructures suivent le mouvement.

En 2012, 6 000 voitures électriques neuves trouvaient preneur en France. Cinq ans plus tard, le chiffre grimpait à 25 000. Ce boom accompagne le développement des bornes de recharge : plus de 15 000 points en service aujourd’hui, et l’objectif est d’atteindre 7 millions sur l’ensemble du territoire d’ici 2030. Pourtant, sur la flotte totale de 39 millions de voitures en circulation en France, l’électrique ne représente encore qu’une infime fraction (moins de 1% en 2016). La marge de progression reste immense.

À l’échelle mondiale, le cap des 2 millions de véhicules électriques a été franchi en 2016, avec la Chine en locomotive, suivie des États-Unis, de la Norvège, du Japon et de la France. Les ventes progressent de 40% d’une année sur l’autre, mais cela ne pèse encore que 8% des ventes mondiales de voitures. La Chine, forte de sa population gigantesque, impose aujourd’hui aux constructeurs une part minimale de 10% de voitures hybrides ou électriques, qu’elles soient locales ou importées. L’Europe suit, portée notamment par la Norvège où, en 2016, l’électrique représentait déjà 26% de la flotte.

#2 : Quelle voiture choisir ?

Les constructeurs rivalisent aujourd’hui sur le segment électrique : tous proposent désormais au moins un modèle dans leur gamme. Pour vous donner une idée, voici les trois modèles phares qui séduisent le marché français.

Renault Zoé

Leader du segment, la Renault Zoé s’impose comme la voiture électrique la plus populaire en France et en Europe, avec plus de 15 000 exemplaires écoulés en 2017. Compacte, parfaitement adaptée à la ville, elle affiche une autonomie avoisinant les 400 km. Comptez environ 8 heures pour une recharge complète (de 30% à 100%). Proposée autour de 17 000€, elle nécessite un budget annuel pour la location de la batterie, qui varie selon le kilométrage (de 40 à 119€ par mois).

Nissan Leaf

Un peu plus spacieuse, elle séduit les familles désireuses de passer à l’électrique. Dotée de cinq portes, sa recharge complète (de 30% à 100%) s’effectue en 7 heures pour une autonomie de 250 km. Cette limite reste contraignante pour les longs trajets, où garder un véhicule thermique en complément peut s’avérer utile. Côté technologie, elle propose une pédale électronique permettant de gérer accélération, freinage et arrêt. Prix moyen : 20 000€, batterie comprise.

Peugeot Ion

Inspirée de la Peugeot 107, la Ion fut l’une des premières électriques à débarquer sur le marché. Son autonomie limitée à 150 km par charge la destine avant tout à un usage urbain. Recharge en 4 heures (de 30% à 100%), style compact, et un prix affiché aux alentours de 20 000€.

#3 : Comment recharger sa voiture électrique ?

À domicile

Le branchement sur une prise classique dans le garage reste possible, à condition que l’installation soit sécurisée et conforme aux normes. Mais la recharge étant lente, il vaut mieux envisager l’installation d’une prise renforcée, ou wallbox. Ce boîtier mural, vendu autour de 600€, accélère la recharge et simplifie la gestion grâce à sa connectivité. Certains constructeurs intègrent même l’installation de la wallbox à l’achat de la voiture.

En copropriété

Si vous vivez en copropriété, le droit à la prise vous autorise à installer, à vos frais, une borne de recharge sur votre place de parking (si celle-ci est couverte et équipée d’un système de comptage individuel). Il faut simplement en informer le syndic par lettre recommandée, y joindre un descriptif détaillé des travaux réalisés par un professionnel, et inscrire le point à l’ordre du jour de l’assemblée générale. Aucun vote n’est requis : les copropriétés sont désormais tenues d’envisager ces installations, et doivent réserver 10% des emplacements aux véhicules électriques.

Sur le lieu de travail

Côté entreprise, rien n’oblige l’employeur à installer une borne de recharge pour ses salariés. Mais de plus en plus d’établissements s’y mettent, soucieux de leur impact environnemental. Certains employeurs remboursent même une partie des frais de transport domicile-travail, ce qui peut représenter un avantage notable pour les propriétaires de voitures électriques.

Sur les bornes publiques

Sur l’espace public, dans les parkings ou près des centres commerciaux, le nombre de bornes ne cesse d’augmenter. Beaucoup sont gérées par des opérateurs privés tels que Corri-Door, Autolib ou Belib. L’accès passe généralement par un abonnement, mais il existe des solutions comme Chargemap, qui fournit un badge unique ouvrant l’accès à de multiples réseaux, facilitant la recharge partout en Europe.

En 2024, multiplier les kilomètres en électrique relève donc plus du réflexe que du parcours du combattant. Les risques de panne sèche s’estompent au fil des années.

#4 : Quelles aides financières ?

Si le marché de l’occasion se développe, le prix d’achat d’une voiture électrique neuve reste élevé. Heureusement, plusieurs dispositifs existent pour alléger la facture.

Bonus écologique

Ce coup de pouce s’adresse à tout acheteur d’un véhicule neuf émettant peu de CO2. L’aide atteint 27% du prix d’achat TTC, jusqu’à 6 000€, et se déduit généralement directement chez le concessionnaire.

Reprise constructeur

Certains fabricants proposent de reprendre votre ancien véhicule lors de l’achat d’une voiture neuve. Même si la valeur de reprise est parfois inférieure à celle du marché, ce dispositif reste intéressant et peut s’ajouter au bonus écologique.

Aides à l’installation d’une borne

Installer une borne de recharge à domicile peut également être soutenu par des subventions couvrant jusqu’à 50% du coût des travaux.

Assurance

Passer à l’électrique peut aussi faire baisser la prime d’assurance, certains assureurs réservant des tarifs préférentiels à ces véhicules.

#5 : Comment limiter la facture d’électricité ?

La voiture électrique demande en moyenne 6 heures pour une recharge complète. Sans organisation, la consommation d’électricité grimpe vite. Pour éviter les mauvaises surprises, programmez la recharge sur les heures creuses si votre contrat le permet : le prix du kWh y est bien plus avantageux.

Pensez également à vérifier la puissance de votre abonnement : recharger une voiture ajoute une charge significative à votre foyer. Il peut être nécessaire de passer à une puissance supérieure, ce qui impactera le coût de l’abonnement mensuel.

#6 : Des offres d’électricité adaptées à la voiture électrique ?

Face à l’essor de la mobilité électrique, les fournisseurs d’énergie s’ajustent. Plusieurs proposent des forfaits taillés pour les utilisateurs de voitures électriques :

  • Chez Engie, l’offre Elec’Car propose un tarif réduit de 50% la nuit, sous réserve d’opter pour les heures creuses. De plus, l’électricité est d’origine renouvelable.
  • Total Spring présente également une offre verte à moitié prix la nuit, à condition d’être équipé du compteur connecté Linky.
  • EDF propose l’offre Vert Électrique Auto, avec un tarif nocturne 40% moins cher pendant 3 ans, accessible si vous disposez de Linky ou de l’option heures creuses.

#7 : Quel budget prévoir ?

Pour estimer l’investissement, voici les postes de dépense à anticiper :

  • Achat (neuf ou occasion) : entre 8 000€ et 20 000€
  • Location de batterie : environ 159€/mois
  • Installation éventuelle d’une wallbox ou borne : de 600€ à 1 500€
  • Frais de recharge (environ 2,50€ pour 100 km)
  • Abonnement éventuel à un réseau de bornes

Le coût de départ reste donc élevé. Mais sur la durée, les économies sont bien réelles :

  • Assurance généralement moins chère
  • L’électricité coûte moins cher que l’essence ou le diesel

À ce jour, la voiture électrique s’adresse surtout à un usage urbain ou à ceux qui disposent d’un véhicule thermique en complément. L’autonomie reste le principal frein pour les longues distances, mais la technologie avance vite et le maillage des bornes progresse.

Sur le long terme, les gains financiers sont concrets, même si la dépense carburant se transforme en consommation électrique domestique. Il faudrait être de mauvaise foi pour nier les bénéfices côté qualité de l’air et santé publique. Plus encore, la voiture électrique s’impose comme une pièce maîtresse de la transition énergétique. Et si l’on regarde plus loin, la batterie embarquée pourrait bien devenir demain un outil individuel de stockage de l’électricité.

À chaque recharge, l’habitude s’installe. Mais un conseil : surveillez vos consommations et ajustez votre contrat pour rester maître de votre budget. La route vers l’électrique ne fait que commencer.